Mode écran

 

Mode tablette

 

Mode mobile

 

Mode print

 

Accueil Mélibée L'édito du mois Avril 2016

Avril 2016

Lecteurs de l’Histoire et histoire des lecteurs

La littérature qui prend l’histoire pour objet est le genre le plus apprécié par les lecteurs français après le roman. L’enquête d’Olivier Donnat sur les pratiques culturelles des Français relève que 35 % de nos lecteurs en font l’un de leurs genres favoris, loin devant la littérature classique (18 %), les livres de développement personnel (16 %), les essais politiques et philosophiques (16 %) ou encore – et cela fait sens – les livres d’actualité (22 %). Faut-il voir dans un tel engouement pour le passé un simple désir de divertissement ou les lecteurs de l’histoire cherchent-ils par ce biais à acquérir une connaissance qui soit utile dans le présent et dans l’avenir ? Le passé serait-il d’une meilleure aide que le présent pour répondre aux questions de notre temps ?

S’il est en notre pouvoir de donner un sens à l’histoire, il est évident qu’il faut connaître le chemin déjà parcouru pour tracer avec justesse celui qui reste à parcourir. Marx constatait à cet égard que « celui qui ne connaît pas l’histoire est condamné à la revivre ». Agir sur l’avenir implique de discerner la part du passé qui est en permanence projetée sur la scène du monde et la littérature historique nous aide à décrypter cette projection. Ne tirer aucune leçon de l’histoire reviendrait à avancer à tâtons vers le futur. C’est certainement le constat que font les lecteurs qui s’intéressent à l’histoire.

Mais on ne naît pas lecteur de l’histoire, on le devient. Les lecteurs ont leur propre histoire à l’égard de la lecture, qui les conduit généralement à ne se sentir concernés par le passé que de manière progressive. C’est le phénomène que mettent en évidence les statistiques d’Olivier Donnat :

 

 

Ainsi, il semble que l’on apprécie plus la littérature historique à 60 ans qu’à 20 ans. C’est donc que la nature est mal faite et nos inclinations contraires au bon sens. 20 ans est l’âge de tous les possibles, celui auquel notre potentiel d’action sur le monde est le plus grand. Mais 20 ans est également l’âge auquel l’immense étendue de notre avenir écrase de tout son poids l’intérêt que nous devrions avoir pour le passé. L’attraction de l’avenir risque alors de nous conduire à manquer de discernement dans nos choix présents.

Il ne devrait pas y avoir d’âge pour s’intéresser à l’histoire. Lecteurs, inscrivons la littérature de l’histoire au commencement de chaque itinéraire de lecture ! Les livres sur l’histoire recèlent une diversité dans la forme et dans le fond qui permet à chacun de satisfaire ses goûts et d’aller de l’avant éclairé par les lumières du passé. Témoignages, essais, romans, manuels, documentaires : l’histoire habite pleinement la littérature. À nous d’entrer humblement dans cette maison, par la porte de derrière s’il le faut…

Voici quelques suggestions d’ouvrages parus aux Éditions Mélibée pour débuter ou poursuivre votre itinéraire de lecteur de l’histoire : Sélection.

 

 

 

Julien Chabbert

Responsable d’édition